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lundi 14 juillet 2014

Odroerir, Folk mélodique et lyrique aus Deutschland

Si vous appréciez Falkenbach pour son côté mélodique, ses envolées lyriques et paradoxalement sa retenue dans l'instrumentation folk, loin du humpa-metal ou des gros boom-boom guerroyant, sans doute aimerez-vous alors Odroerir.

Des Thors Hammer Heimholung, de l'album Götterlieder II

Allemands, eux aussi, les Musikanten d'Odroerir sont un de mes coups de cœur pour plusieurs raisons. Déjà, ils sont sobres dans leur instrumentation, que ce soit dans les parties orchestrales ou folk, qui leur donne ce petit côté troubadour moderne, médiévalisant sans tomber dans la machine de guerre musicale à la In Extemo. Là, on croirait une petite troupe jouant pour son public dans une salle de festin plutôt que sur un marché bruyant, et c’est très rafraîchissant. Ensuite, les thématiques norses de leurs albums ne peuvent que flatter mes goûts et donc me taper dans l'oreille. Mais surtout, contrairement à certains  beaucoup  la plupart des groupes dits "païens" ou à inspiration mythologique, le groupe ne se contente pas de reprendre quelques clichés en les recouvrant d'un glacis héroïque. Alors attention, j'aime l'héroïque cliché, hein, sinon j'écouterais pas Ensiferum, mais j'apprécie aussi quand un groupe est capable, comme ici, de retourner aux sources et de paraphraser, voir carrément citer ou mettre en musique les Eddas, les vrais. Odroerir le fait, et le fait avec classe.

Odroerir, aus Götterlieder I

Le nom du groupe est celui de la corne contenant la liqueur de l'inspiration, et ils ne l'ont pas volé. Leurs morceaux sont beaux, ils savent prendre leur temps, ils jonglent entre les voix masculines, féminines, les chœurs et quelques rares growl très légers, et surtout, ils ne tombent jamais dans les excès du genre. Certains morceaux sont uniquement acoustiques et folk, d'autres seulement légèrement metal, d'autres enfin carrément dans le genre, sans jamais donner l'impression de perdre en équilibre. Équilibre, sobriété, beauté mélodique et surtout authenticité sont les maîtres mots, et je ne peux que vous inviter à découvrir le groupe si vous ne le connaissez pas encore.

Ask und Embla, Götterlieder I

D'autant plus que le groupe n'a malheureusement que deux albums à son actif, trois si l'on compte leur premier album disponible sur youtoube mais épuisé partout (Lasst euch Sagen aus alten Tagen...). Les deux albums suivants sont en revanche facilement trouvables et se nomment Götterlieder I et Götterlieder II (Chants des Dieux I & II). Le second opus et un peu mieux maîtrisé au niveau des orchestrations et sonne un peu moins rustique, peut-être (bon, en même temps, le groupe mûrit, c’est normal), et sa piste finale, Allvater, est tout simplement géniale :


Même si leur dernier album date de 2010 et que le groupe n'a sorti aucune news depuis (leur site est mort, leur MySpace - on ne rie pas - aussi, mais leur Facebook est actif), ils continuent de faire des concerts et des festivals, et on peut donc espérer un Götterlieder III ou quelque soit le nom qu'ils donneront à leur futur bijou de folk-metal mélodique !

jeudi 6 février 2014

Garmarna : Le Folk moderne

Chez un vendeur de musique folk et jazz de Helsinki j'étais tombé par chance sur un des (nombreux) albums de Musica Sveciae, une série de CD produits par la radio culturelle suédoise avec pour thèmes les instruments traditionnelles suédois en général, ou de certaines régions bien particulières, tantôt modernes, tantôt médiévales... Cette collection dont certains opus sont devenus particulièrement rares et/ou chers sont d'une qualité exceptionnelle et une réputation qui n’est plus à faire. Je n'ai donc pas hésité à me faire plaisir avec le volume intitulé Nordic Folk Instruments, qui comme son nom l'indique est une sorte de catalogue de toutes sortes d'instruments traditionnels de divers pays nordiques, ce qui permet d'avoir une bonne idée de leur son, de leurs "couleurs musicales", et du coup, de chercher plus loin en découvrant ce qui nous plaît. Si je recommande l'écoute de certains volumes de cette collection (j'en ai écouté 5 jusqu'ici, une infime partie, donc...), aujourd'hui je vais m'attarder sur un groupe que le CD prend en exemple pour montrer l'utilisation d'instruments folkloriques dans des compositions ou réinterprétations de Folk moderne. Ce groupe, c'est Garmarna, et la piste s'appelle Vittrad.


J'ai tout simplement adoré la touche de modernisme subtile dans une composition résolument folk, en appréciant également la voix de la chanteuse et l'efficacité de la chanson. J'ai donc cherché plus loin et je vous le dit : Garmarna, c’est très bien. Cette piste de l'album éponyme est cependant assez trompeuse, car le groupe fait plutôt dans la musique folk sans trop souvent s'aventurer dans ce genre de mélanges des genre, néanmoins fans de folk-rock/metal ne boudez pas votre plaisir, c’est du folk de bonne qualité, tant dans le chant que l'instrumentation. Pour les gens qui justement préfèrent une musique plus authentique, ce groupe est fait pour vous, et ce même lorsqu'il interprète ses propres compositions. Bon, je me dois quand même de vous mettre celle-ci qui claque tes fesses, pour le plaisir et même si là non-plus pas très représentative, Klevabergselden, de Vittrad également:


Alors la piste existe également en acoustique pour ceux qui préfèrent (c'est d'ailleurs la version que blogger a le plus trouvé sur youtube, du coup, bah, y a cette vidéo un peu louche avec des chevaux...) Mais malgré une touche de pop et de rock, Garmarna c'est avant tout du folk suédois et médiéval(isant). A titre de comparaison, puisque vous avez déjà entendu au moins deux version de Herr Mannelig (car vous êtes des lecteurs assidus, je le sais), voici leur interprétation de ce grand classique médiéval, tirée de l'album Guds Spelemän :


Je n'ai pas grand chose à déblatérer sur le sujet : Ils sont bons, ils sont plein d'idées, et prouvent que la musique folklorique a toujours sa place dans le paysage musical d'aujourd'hui. Et histoire de voir leurs bouilles tout en écoutant de la bonne musique, je confluerai avec Vänner och Fränder qui est une de mes préférées.

mardi 24 septembre 2013

TYR Nouveau VS Heljareyga

Après la déception engendrée par le dernier Turisas, j'affrontais le nouveau Týr. Bon, les deux premières chansons révélées par le groupe ne m'avaient pas vraiment emballé et je savais déjà que ce serait probablement pas mon truc. Pourquoi ? Parce que le groupe s'est engagé dans une voix qui, si elle ne me paraît pas aussi radicalement hasardeuse que celle de Turisas, n'a plus ce qu'il faut pour m'emballer.
Týr, Valkyrja

Vous aurez peut-être remarqué si vous avez creusé Týr ou si vous connaissiez déjà le groupe, j'ai rarement évoqué dans mes articles précédents les albums sortis après Land. Pourtant, il y en avait déjà deux : By the light of the northern star ("abrégé" BTLOTNS...) et The Lay of Thrym. Ces deux albums avaient déjà une approche plus directe, plus proche du tout premier album. Le groupe évitait de faire des pistes trop longues, le concept était toujours assez vague et relatif pour ne pas froisser les fans qui avaient trouvé Ragnarok trop progressif, trop complexe, et donc trop chiant. Or, comme je l'expliquais ici, ce qui me plaisait dans Týr c'était la diversité mélodique et rythmique, l'utilisation des thématiques. J'apprécie beaucoup que les premiers albums prennent le temps de bâtir des ambiances, des récits, en utilisant le côté progressif pour former une véritable histoire musicale, et pas seulement raconter le truc sur le même riff interminable, usé et lassant. Mais ça, c'était avant, donc.

Depuis BTLOTNS, le groupe a une approche plus basique, plus rentre-dedans, qu’apparemment pas mal de gens aiment. Moi, c'est pas trop mon truc, parce que ça en devient finalement trop classique et pas assez original. Il y a bien quelques chansons bien accrocheuses ici ou là et les reprises de mélodies/chansons traditionnelles fonctionnent toujours aussi bien, mais c'est à mes yeux beaucoup plus inégal. Le dernier album "concept" autour des esprits féminins dans la mythologie nordique poursuit clairement cette orientation.

Valkirja a déjà un son de batterie différent dû au changement de batteur, et ça se ressent. C'est plus nerveux, plus poum-tchak poum-tchak aussi, et pour moi, ça devient par corollaire vite chiant comme la pluie. En fait, le son devient de plus en plus nord-américain, et ce n'est pas vraiment un compliment pour un groupe tel que Týr qui avait réussi à se démarquer par l'unicité de ses sonorités. quand on écoutait du Týr, on savait que ça ne pouvait rien être d'autre. Plus aujourd'hui.

Alors ça s'écoute quand même, hein, je vais pas être vache, j'aime d'ailleurs beaucoup Fánar Burtur Brandaljóð ou Lady of the Slain. Mais il suffit de réécouter Land ou Eric the Red pour se rendre compte que le groupe a perdu en originalité et en mélodie. L'album s'écoute comme on boirait un verre de Viina, une fois avalé il ne reste qu'un vieil arrière goût qu'on peine à trouver plaisant, mais ça a eu le mérite de chauffer la gorge en passant.

Cela dit, je met une vidéo avec l'album entier pour vous laisser écouter et - qui sait ? - désapprouver complètement ce message en trouvant l'album génial ! Je vous le souhaite. Néanmoins, si vous trouvez Valkyrja insipide ou simplement voulez plus de métal progressif à la Týr, le chanteur a un projet solo Heljareyga. Longues pistes, tout en Féroïen, bref, un autre trip. Ce projet solo est une façon pour Heri Joensen de continuer de faire dans le Metal Progressif maintenant que Týr s'en est éloigné. Donc si c'est ça qui vous branchait.... hint hint.

Regnið

 Alors oui c'est un peu plus technique aussi... Ce qui peut lasser autant que le poum-tchak, selon les goûts. Moi, je dois dire que c'est ma came :

Vetrarbreytin

lundi 23 septembre 2013

Le désastre Turisas2013.

Bon, je sais, pas écris depuis longtemps et me revoilà pour ce qui s'annonce à bashage en règle. Je sais, c’est pas génial, mais il faut me comprendre. Cette année, plusieurs groupes avaient annoncé leurs nouveaux albums et j'étais tout content d'avoir bientôt de bonnes chansons dans mes oreilles impatientes de se régaler.

Or, j'ai eu Turisas2013.

Pas de bol, c'est le premier de la liste des mes nouveautés attendues et... ma foi, quelle claque. Mais pas dans le bon sens, cette fois. J'ai dû l'écouter deux fois, cet album, pour réaliser l'ampleur du désastre, pour simplement accepter la réalité des choses, cette dure, froide et cruelle réalité. Pour bien saisir les raisons de cet article, pour mieux me comprendre, il faut se souvenir de pourquoi je vous ai recommandé le groupe et des raisons qui me poussent à l'aimer - car oui, tout ceci ne changera rien à ce que j'ai écris concernant les trois premiers albums. En gros : Compositions travaillées, recherche dans les instrumentations, mélange de Folk et Symphonic Metal, épique et brutal, poétique et aventureux. Pour moi, c'était ça, Turisas. Avant d'être l'accordéon ou le violon pour donner une touche Folk, c'était cet esprit épique, cette volonté d'offrir une expérience intense, un voyage sonore, un travail de fond, et la sensation de ne pas être pris pour un con. C'était ça, l'esprit Turisas. 

Puis fut annoncé le nouvel album sous le nom Turisas2013. J'ai espéré longtemps que ça ne soit qu'un titre de travail, mais ensuite nous avons eu droit à la pochette :


Et là, je dis non. Une vieille photo promo recentrée sur le blouson MadMax avec le bandeau plaqué dessus, et un nom pareil... Désolé, mais ça sonne comme un aveu. L'aveu penaud d'un groupe qui n'a simplement pas eu d'idée. Dans ce titre et cette pochette, il n'y a rien. Ils ont beau se défendre et dire que ça doit représenter le "Turisas d'aujourd'hui", non, ça ne prend pas. C'est mal camoufler un m'en-foutisme total, tant au niveau titre qu'artwork. Et ça pourrait être excusé si le contenu n'était pas du même acabit. En fait, à l'écoute, on comprend le titre et la justification du groupe : Une fois la galette terminée et la soupe consommée, il ne reste rien. C'est vide, en total pilote automatique, des riffs de guitares tirés du rayon surgelé aux compositions symphoniques de seconde main - et pratiquement absentes. On peine à croire que c'est le même groupe, si ce n'est pour la voix du chanteur qui nous le confirme avec douleur. 

 Into the Free, aussi connue sous le nom de poum-tchak poum-tchak poum-tchak poum-tchak

Le groupe a décidé d'abandonner l'orchestre trop cher pour se tourner vers des compositions plus adaptées pour les concerts et est parti dans le brut de décoffrage. Pourquoi pas : avec un pauvre synthé, Battle Metal arrivait à créer une ambiance, le groupe avait des mélodies mémorables, des compos géniales. On ne pouvait pas s'emmerder ! Retour aux sources en 2013, au bon vieux synthé, donc. Ha, mais comme le groupe est aussi un habitué de l'évolution, du renouveau, on va faire du synthé différent. Comment ?

En embrassant la nostalgie des années 80.


Et là, c'est le drame.

Mais le tour n'est pas terminé. Non content de nous offrir des synthés qui tachent, lourds et honnêtement indignes de succéder à sa discographie, Turisas va plus loin. Pourquoi ne pas ajouter un extrait d'une ancienne chanson en version voix de Chipmunks ? 

Et pourquoi ne pas carrément ajouter une femme qui gémit au bord de l'orgasme sur un saxoporn ?

1:12 mes amis. Pleurez. Surtout que c'est la seule piste Folk de l'album. Et y a même une fin honorable.

On pourrait naturellement répondre : par respect pour les auditeurs et le bon goût. Mais non, on y a droit. Après, y a le clip aussi... le premier tiré de cet album, pour la chanson Ten More Miles. 


La vidéo serait classe et bien cool, si ce n'était pour le message pour le moins ambiguë - surtout si on prête attention au texte VS images - et le goût de merde que le refrain laisse dans la bouche. Sérieusement "Turiiiiiisas, you can count on us" sonne comme le slogan musical d'une pub TV. Et pourtant, c'est à mon sens l'une des pistes les plus réussies de l'album, c'est dire. 

Bon, y a des trucs ici ou là, je ne dis pas, mais c'est noyé dans un océan de banalité mal torchée. Je sauverai peut-être Greek Fire qui a quand même un peu de ce qu'on peut légitimement attendre d'un groupe à la maturité supposée de Turisas :


Alors je ne suis pas pour l'immobilisme ni contre le changement et l'évolution d'un groupe, je crois que mes articles l'ont prouvé jusqu'ici, au contraire, j'adore suivre les progressions des artistes, mais là, c'est plutôt une régression brutale qui sent plutôt le manque de moyens - et pas seulement financiers mais vraiment créatifs, d'implication, de volonté de bien faire. Cet album passe pour une grosse blague, une démo pour rire. Et moi, elle ne m'a pas fait marrer.

J'avais lu quelqu'un commenter "quoi attendre de plus d'un groupe qui n'a même pas eu assez d'inspiration pour trouver un titre à son nouvel album". Et ce type a résumé mon avis sur Turisas2013.


La déception suivante : Valkyrja de Týr.... Bon, ce ne fut pas aussi désastreux ni inattendu, mais... ça a confirmé l'orientation qu'a pris le groupe depuis By the Light of the Northern Star. J'en parlerai peut-être plus tard.